Comme nous l'avions annoncé, le nouveau PEL essaiera de coller au mieux à la conjoncture économique et à ses variations potentielles (hausse ou baisse des taux). C'est peut-être un avantage pour les futurs emprunteurs sous réserve d'une prochaine hausse durable des taux mais concernant l'épargne ce nouveau PEL n'apportera pas grand chose de vraiment intéressant.
La réforme du plan épargne logement (PEL), qui fixe un nouveau mode de calcul à son taux de rémunération, entre en vigueur ce mardi. Le but est de redonner de l'attrait à un placement en perte de vitesse.
Et en cas de chute de ces taux ? Pour garantir la rémunération du PEL même lorsque les taux européens baissent, le gouvernement a prévu un plancher : le taux d'intérêt ne pourra pas descendre en-dessous de 2,5%.
Les épargnants vont-ils y gagner ? La réforme promettait de rendre le PEL plus séduisant mais le résultat dépendra de l'évolution des taux obligataires en 2011. Si la formule était appliquée aujourd'hui, compte tenu du faible niveau des taux d'intérêt, le taux serait de 2,34%. Le plancher de 2,50% s'appliquerait donc, soit la même rémunération que celle en cours depuis 2003.
Le ministère de l'Economie affirme lui que le taux du PEL aurait été supérieur en moyenne de 0,4 point si la nouvelle formule avait été appliquée ces dix dernières années. "Si les taux d'intérêt de long terme remontent à l'horizon de quatre ou cinq ans, l'impact sera vraiment positif pour les épargnants. Le PEL deviendra un vrai concurrent du Livret A qui est lui indexé sur des taux de court terme et l'inflation", commente Robert Marti, associé aux Cahiers de l'Epargne/Pair Conseil. Depuis 2000, le PEL a connu sa plus forte rémunération entre 2000 et 2003 avec 3,37%.
L'imposition reste t-elle la même ? Non. Sur le principe, les intérêts du PEL restent exonérés d'impôts mais soumis aux prélèvements sociaux. Mais au lieu de l'être à la clôture du plan ou au bout de 10 ans, ils le seront tous les ans, dès la première année de son ouverture. Pour l'épargnant, la rémunération sera un peu moindre chaque année mais reste la même au final. L'Etat dispose lui de recettes plus régulières.
Que devient la prime d'Etat ? La prime versée lorsque le PEL est dédié à un projet immobilier sera limitée pour recentrer encore le placement vers l'accession à la propriété : elle ne sera accordée que si l'épargnant souscrit un prêt d'au moins 5000 euros. Son plafond sera de 1525 euros pour l'acquisition ou la construction d'un logement respecteux de l'environnement, et de seulement 1000 euros dans le cas contraire. "C'est le seul bémol de la réforme, observe Robert Marti. Mais certains ménages en profiteront peut-être pour ouvrir des PEL avant le mois de mars... ce qui permettra aussi de redynamiser la collecte".
Le taux du prêt va t-il changer ?
Les taux d'intérêt de l'emprunt obtenu grâce à l'épargne du PEL restent par contre inchangés : on ajoute 1,7 point au taux d'intérêt, soit un taux minimum de 4,20%. C'est au-dessus de la moyenne des taux de crédit immobilier, exceptionnellement bas depuis l'été, à 3,29% en décembre selon l'Observatoire Crédit Logement-CSA. "Ce n'est pas le plus intéressant mais c'est une façon de se couvrir contre une probable hausse des taux de crédit à venir", note Robert Marti.